Du latin amor, «amour», «vif désir».
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1. Sens courant : sentiment d'affection passionnée d'un être humain pour un autre.
2. Sentiment de profond attachement (à un idéal moral, philosophique, religieux) impliquant don de soi et renoncement à son propre intérêt (exemple : «l'amour de la justice»).
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Dans Le Banquet, Platon présente l'amour comme un moyen pour l'homme d'élever son âme vers la contemplation des Idées. En partant de l'amour des beaux corps, le philosophe doit progresser vers l'amour des belles âmes, puis vers celui des belles actions, puis encore vers celui des belles sciences, pour accéder enfin à la contemplation du Beau en soi, beauté éternelle et parfaite.
Pour Spinoza, l'amour n'est rien d'autre qu'une joie accompagnée de l'idée de sa cause. Mais seul l'amour intellectuel de Dieu (ou la connaissance adéquate de l'unité de la Nature) mène le sage à la béatitude et à la liberté.
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Citations autour de l'amour :
PLATON (v. 427-347 av. J.-C.)
DIOTIME, femme de Mantinée, à propos d'Éros, le dieu grec de l'amour : «Puis donc qu'il est le fils de Poros [Richesse] et de Pénia [Pauvreté], Éros se trouve dans la condition que voici. D'abord, il est toujours pauvre, et il s'en faut de beaucoup qu'il soit délicat et beau, comme le croient la plupart des gens. Au contraire, il est rude, malpropre, va-nu-pieds et il n'a pas de gîte [...], car, puisqu'il tient de sa mère, c'est l'indigence qu'il a en partage. À l'exemple de son père en revanche, il est à l'affût de ce qui est beau et de ce qui est bon, il est viril, résolu, ardent, c'est un chasseur redoutable; il ne cesse de tramer des ruses, il est passionné de savoir et fertile en expédients, il passe tout son temps à philosopher, c'est un sorcier redoutable, un magicien et un expert.»
Le Banquet [203c-d, trad. L. Brisson, coll. GF, Flammarion, 1998]
DIOTIME : «Il va de soi, en effet, que le savoir compte parmi les choses qui sont les plus belles; or Éros est amour du beau. Par suite, Éros doit nécessairement tendre vers le savoir, et, puisqu'il tend vers le savoir, il doit tenir le milieu entre celui qui sait et l'ignorant.»
Le Banquet [204b, trad. L. Brisson, coll. GF, Flammarion, 1998]
DIOTIME : «Pour un être mortel, la génération équivaut à la perpétuation dans l'existence, c'est-à-dire à l'immortalité. Or le désir d'immortalité accompagne nécessairement celui du bien, [...] s'il est vrai que l'amour a pour objet la possession éternelle du bien. De cette argumentation, il ressort que l'amour a nécessairement pour objet aussi l'immortalité.»
Le Banquet [206e-207a, trad. L. Brisson, coll. GF, Flammarion, 1998]
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AUGUSTIN [Saint] (354-430)
«Je n'aimais pas encore, et j'aimais à aimer;
[...] Je cherchais quoi aimer, amoureux de l'amour.»
Les Confessions [livre III, I, trad. P. Cambronne, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, p. 817]
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Blaise PASCAL (1623-1662)
«Celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus. Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même [...]. On n'aime personne que pour des qualités empruntées.»
Pensées, 1670 [fragment 323, éd. L. Brunschvicg, Classiques Hachette, pp. 478-479]
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Baruch SPINOZA (1632-1677)
«L'amour, en effet, n'est rien d'autre que la joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure.»
L'Éthique, 1677 (posth.) [3ème partie, scolie de la proposition XIII, trad. R. Caillois, Bibliothèque de la Pléiade, p. 426]
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Gottfried Wilhelm LEIBNIZ (1646-1716)
«Les philosophes et théologiens même distinguent deux espèces d'amour, savoir l'amour qu'ils appellent de concupiscence, qui n'est autre chose que le désir ou le sentiment qu'on a pour ce qui nous donne du plaisir, sans que nous nous intéressions s'il en reçoit, et l'amour de bienveillance, qui est le sentiment qu'on a pour celui qui par son plaisir ou bonheur nous en donne. Le premier nous fait avoir en vue notre plaisir et le second celui d'autrui, mais comme faisant ou plutôt constituant le nôtre, car s'il ne rejaillissait pas sur nous en quelque façon, nous ne pourrions pas nous y intéresser, puisqu'il est impossible, quoi qu'on dise, d'être détaché du bien propre.»
Nouveaux Essais sur l'entendement humain, 1765 (posth.) [livre II, chap. XX, coll. GF, Flammarion, 1966]
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Immanuel KANT (1724-1804)
«La maxime de bienveillance (l'amour pratique des hommes) est pour tous les hommes un devoir des uns envers les autres, qu'on les trouve ou non dignes d'amour, d'après la loi éthique de la perfection : Aime ton prochain comme toi-même.»
Métaphysique des moeurs, Doctrine de la vertu, 1797 [I, 2e partie, § 27, trad. A. Renaut, coll. GF, Flammarion, p. 316]
«Celui qui aime peut encore rester clairvoyant; mais celui qui est amoureux sera irréparablement aveugle aux défauts de l'objet aimé bien que d'ordinaire il recouvre la vue huit jours après le mariage.»
Anthropologie du point de vue pragmatique, 1798 [1re partie, livre III, § 74, trad. M. Foucault, Vrin, p. 110]
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Friedrich NIETZSCHE (1844-1900)
«On peut promettre des actions, mais non des sentiments, car ceux-ci sont involontaires. Qui promet à quelqu'un de l'aimer toujours, ou de le haïr toujours, ou de lui être toujours fidèle, promet quelque chose qui n'est pas en son pouvoir; ce qu'il peut bien promettre, ce sont des actions qui, à la vérité, sont ordinairement les conséquences de l'amour, de la haine, de la fidélité, mais qui peuvent aussi provenir d'autres motifs, car à une seule action mènent des chemins et des motifs divers.»
Humain, trop humain, I, 1878 [section II, § 58, trad. A.-M. Desrousseaux et H. Albert, coll. "Bouquins", Robert Laffont, p. 479]
«On promet ainsi la persistance de l'apparence de l'amour, lorsque, sans s'aveugler soi-même, on promet à quelqu'un un amour éternel.»
Humain, trop humain, I, 1878 [section II, § 58, trad. A.-M. Desrousseaux et H. Albert, coll. "Bouquins", Robert Laffont, p. 479]
«Est-ce que je vous conseille l'amour du prochain? Plutôt encore je vous conseillerais la fuite du prochain et l'amour du lointain!
Plus haut que l'amour du prochain se trouve l'amour du lointain et de ce qui est à venir. Plus haut encore que l'amour de l'homme, je place l'amour des choses et des fantômes.»
Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885 [1ère partie, "De l'amour du prochain", trad. H. Albert et J. Lacoste, coll. "Bouquins", Robert Laffont, p. 329]
«L'amour d'un seul être est une barbarie, car on le pratique aux dépens de tous les autres. L'amour de Dieu aussi.»
Par-delà le bien et le mal, 1886 [4e partie, § 67, trad. H. Albert et J. Lacoste, coll. "Bouquins", Robert Laffont, p. 614]
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Henri BERGSON (1859-1941)
«Analysez la passion de l'amour, surtout à ses débuts : est-ce le plaisir qu'elle vise? ne serait-ce pas aussi bien la peine? Il y a peut-être une tragédie qui se prépare, toute une vie gâchée, dissipée, perdue, on le sait, on le sent, n'importe! il faut parce qu'il faut. La grande perfidie de la passion naissante est justement de contrefaire le devoir.»
Les Deux Sources de la morale et de la religion, 1932 [chap. Ier, in OEuvres, PUF, p. 1008]
Source : http://www.cyberphilo.com
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